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Un lundi matin, comme beaucoup d’entre nous, pendant la marche qui me mène à mon emploi, ma poitrine se serre et la chaleur vient gronder jusque dans mes oreilles. Je commence à être en nage et aussi oppressé que par une crise d’angoisse. J’arrive sur mon lieu de travail et me rend directement à l’infirmerie. Par chance, j’avais une infirmerie. Ma tension joue au yoyo et se joue de l’instant. Les pompiers puis le SAMU me rendent le verdict dans le calme : il ne s’agit pas de la crise de la quarantaine… c’est un infarctus. Le calme de la sentence est tel que je ne réalise en rien ce qui m’arrive et pense rentrer chez moi le soir même. Pourtant, être évacué presque nu sous une couverture de sûreté était un bon indice.

Le trajet se fait en un temps record et je suis presque blagueur dans l’ambulance. Le moment de l’arrivée au « bloc » est flou, mais me voilà sur la table. L’artère est libérée et mon cœur se rempli de mille fourmis. Je me sens vivant car diable que cela brule de sentir tout ce sang irriguer mon cœur de nouveau ! A côté de moi, un homme qui était jusque-là attentionné semble se préparer à me choquer avec les pinces… Je l’aime beaucoup moins mais ne pense pas un seul instant que mon cœur peut s’arrêter et j’avais raison. Il ne s’est pas arrêté. J’ai eu de la chance et il a rangé ses pinces, mais il détient mes sous-vêtements ! Je crois toujours que je rentre chez moi le soir.

Après une première nuit où les souvenirs sont eux aussi flous et le pronostic encore plus. Je me rappelle juste m’être réveillé au-dessus de la tablette avec six personnes disant « il est revenu »… et pourtant je n’ai aucun souvenir de la balade ! Cinq jours plus tard, je quitte les soins intensifs pour aller en réadaptation cardiaque. C’est la fin des haricots… comme j’appréhende cette expression différemment maintenant ! Cinq jours qui me font comprendre que la vie ne sera plus jamais la même. Cinq jours où je me demande quelle vie m’attend ? Dans quelles conditions ? Pourquoi ? Pour quoi ? Pour qui ? Cinq jours que je n’ai pas vu ma fille de un an ! Cinq jours qui m’ont privé de ses premiers pas… je comprends que les cicatrices de l’infarctus ne seront pas que physiques.

Pour aller prendre mon premier repas, j’avais du mal à marcher et me faisais doubler dans le couloir par des patients qui avaient deux fois mon âge… Après le coup au cœur, c’était le coup au moral, une fois de plus. Les trois semaines qui ont suivi m’ont pourtant donné mes meilleurs souvenirs. J’ai regagné ma vie en la réapprenant ! Chaque étape de récupération a été une victoire que j’ai savouré jusqu’à la sortie. Même s’il y a eu beaucoup de peurs, elles m’ont fait comprendre beaucoup. Depuis 4 ans, la vie est intense. Bien sûr, elle l’est à ma manière et dans mon histoire. Je suis devenu le héros de ma fille et elle dit même que je suis le plus fort. Elle n’a pas complètement tort. Si un infarctus ne m’a pas tué, c’est que je dois être assez costaud dans le fond. Il faut aussi être fort, pour croire dans l’avenir et faire croire en l’avenir à nos proches, parfois. Même si nous sommes complètement seuls car singuliers dans ce qui nous arrive, ce sont les autres –proches, soignants et patients – qui nous apportent de l’envie, de la confiance et du sens pour transmettre ce qui nous est arrivé pour que cela serve.

Pierre

**Pour les particuliers : impôt sur le revenu : réduction égale à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable. La fraction des dons excédant le plafond est reportable sur les cinq années suivantes.
***Pour les entreprises : impôt sur les sociétés - BIC : réduction d'impôt égale à 60 % du montant du don, pour des dons compris dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires HT. La fraction des dons excédant le plafond est reportable sur les cinq exercices suivants.

Ainsi une personne qui donne 100€ verra l’année suivante ses impôts diminués de 66€ et le don ne lui aura coûté que 34€.»

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