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Parole et Réactions : Cet espace est le vôtre !

Vos questions, échanges et réactions contribueront à améliorer la vie des patients et de leur entourage.

Votre participation active aidera l’équipe médicale à mieux orienter ses axes de recherche et de prévention.

Vous obtiendrez des conseils et des informations pratiques sur la vie après un évènement cardiaque.


Mot de notre parrain, Tanguy Queffélec

Réflexe de courtoisie, je commencerai par me présenter. Qui suis-je donc ? Ma réponse : un miraculé… Un miraculé ? Oui. C’est-à-dire quelqu’un qui doit d’être encore en vie à un concours de circonstances qui eut bien un caractère miraculeux dans la perfection de son enchainement. Je m’explique : il y a trois ans, un soir d’automne, j’ai été victime d’un arrêt cardiaque dans le centre de Paris, et au fond d’un magasin… Je vous épargnerai les péripéties hospitalières qui s’ensuivirent pour votre serviteur, jeune senior, entre coma artificiel et intubation orotrachéale, péripéties au cours desquelles il est hautement recommandé de croiser les doigts sur son brancard à roulettes. Pour conclure, le mois suivant, je retrouvai le grand air de la ville et de l’existence, avec la pleine conscience d’avoir échappé au pire… Depuis, une petite voix à l’intérieur me susurre : loin de Lourdes, Tanguy, les miracles se produisent rarement deux fois de suite. Contrairement aux infarctus… Humour.

Trois ans après, quels enseignements ai-je retirés de cette expérience ? Appartenant à une famille de « cardio-sensibles », au sein de laquelle les décès par infarctus abondent entre la bataille de Verdun et l’euphorie de l’an 2000, j’aurais dû évidemment me montrer plus attentif aux signes avant-coureurs chez moi, puisqu’il y en eut. Ainsi dès leur déclenchement, j’aurais pu m’adresser à la structure que songe à créer aujourd’hui le Professeur Montalescot, soit « Parole & Réactions »… Quelle belle idée en effet, offrir une structure, un espace autant destiné aux anciens accidentés cardiaques qu’à leur entourage, où la parole des uns et des autres pourrait s’exprimer, se déployer en toute franchise, possibilité précieuse à une époque où le contact réel a tendance à se raréfier, au profit de la communication par S.M.S. par exemple, ou via des forums internet. Quel convalescent imaginerait trouver dans la solitude énergie et réconfort, volontés de renaissance intérieure le cas échéant ?

Quelle pourrait être la première ambition de « Parole & Réaction » ? Pour l’heure, nous l’imaginons avoir un rôle ponctuel d’accompagnement dans le quotidien de personnes quelque peu déstabilisées au lendemain de leur hospitalisation ou intervention chirurgicale, et parfois promises à une reprise rapide de leurs activités professionnelles. A l’entame d’une période de convalescence, les victimes cardiaques sont en quête de conseils, d’échanges dans nombre de domaines, demande jusqu’ici inimaginable pour certains dans une existence épargnée par les problèmes de santé… Variables selon la gravité des procédures de cathétérisme ou interventions chirurgicales, fonction évidemment des types de personnalité et des parcours de vie, les questions ne manquent pas d’affluer en soi-même, tour à tour secondaires ou alors pas du tout. Maintenant, après « mon histoire », ai-je le droit de saler mon assiette ? Au fait, est-ce que j’ai un peu plus la trouille de la mort qu’avant ? Si j’appelais quelqu’un pour en parler ? Je ne vais pas casser les pieds à mon médecin avec mes états d’âme ? Et mon entourage n’est-il pas le temps de le laisser souffler un peu ? Je devrais sortir marcher, l’exercice physique m’est recommandé, non ? Un petit verre de vin me ferait il du bien ? Ou alors une petite clope ? Est-ce que mon cœur bat normalement là ? Oui ? Non ? A part ça, ce matin j’ai bien pris mes médicaments ?...

A ce jour aux côtés de Gilles Montalescot, nous n’avons pas une idée complètement arrêtée quant au fonctionnement de « Parole & Réaction » : nous souhaitons en faire une structure vivante, évolutive, alimentée par les apports de ses adhérents éventuels, reliés les uns aux autres par une expérience médicale, à travers leur propre existence ou celle d’un proche. Une idée maitresse nous animera : amener chacun à voir une sorte d’opportunité dans l’épreuve que constitue tout accident cardiaque. Inattendu la plupart du temps, brutal à la fois pour l’organisme et pour le mental, la survenue d’un évènement cardiaque devrait nous rendre plus conscient de la précarité physique du corps humain, et par là plus attentif à protéger, à préserver le trésor intime de l’organe cœur, qui bat, qui bat, en ce moment même, en vous, madame, monsieur, qui bat encore, tant et si bien que ce serait à en croire que c’est pour l’éternité… D’une ténacité impressionnante, pourvoyeuse d’espérance, la recherche médicale ne serait-elle pas pour quelque chose dans ce sentiment de sécurité ?